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"Gerofinance rachète Régie du Rhône"

27 août 2019

Avec cette nouvelle acquisition, le groupe d’origine genevoise Gerofinance-Dunand/Régie de la Couronne s’impose comme l’un des tout premiers leaders du secteur immobilier en Suisse romande

Article paru dans Le Tribune de Genève  Immoplus  du 24/25.08.2019 (Fabrice Breithaupt)

Le phénomène de concentration dans les agences immobilières se poursuit en Suisse romande. Le groupe d’origine genevoise Gerofinance-Dunand/Régie de la Couronne a annoncé, au début de ce mois, le rachat de Régie du Rhône SA, un autre groupe lui aussi basé dans la Cité de Calvin. C’est plus précisément le groupe de services immobiliers Investis, propriétaire de Régie du Rhône SA, qui cède sa filiale à Immoparticipation SA. Celle-ci regroupe les sociétés du groupe Gerofinance et est codétenue par Jérôme Félicité- Ivanès, président de Gerofinance, et par Claude Berda, homme d’affaires français. En février dernier, Investis s’était déjà séparé de sa filiale Régie du Rhône Crans-Montana SA en la vendant à Crans Montana Aminona Immobilier SA. Comme pour cette première transaction, le montant de la cession de Régie du Rhône à Gerofinance n’est pas communiqué. La direction du groupe Gerofinance précise simplement que cette acquisition a été faite sur ses fonds propres, donc sans endettement. Par cette vente, Investis veut se concentrer sur ses activités de property management sur la marque nationale Privera, par laquelle elle entend renforcer sa croissance, explique son CEO, Stéphane Bonvin, cité dans un communiqué de presse. Pour Gerofinance, cette acquisition, qui est la plus importante de son histoire, permet de poursuivre son développement, de consolider ses positions dans l’arc lémanique et de s’imposer comme l’un des tout premiers leaders du secteur immobilier en Suisse romande, comme nous l’indique Jérôme Félicité-Ivanès, président du groupe Gerofinance- Dunand/Régie de la Couronne. 

Interview.

Le rachat de Régie du Rhône est-il un objectif dans votre stratégie de développement ou une simple opportunité? 

Gerofinance n’est pas à la recherche d’une nouvelle acquisition. Notre croissance interne est assez forte depuis ces dernières années (ndlr: voir aussi la time-line). Mais on a toujours dit que nous étions opportunistes, dans le bon sens du terme: si une opportunité intéressante devait se présenter, nous essaierions de la saisir. Régie du Rhône est justement une vraie opportunité. C’est d’ailleurs la plus grosse acquisition que Gerofinance ait jamais faite de son histoire en matière de prix d’achat et de nombre d’employés repris.

Ce rachat va-t-il entraîner des conséquences structurelles?

Il n’y aura aucun licenciement: les 155 employés de Régie du Rhône seront tous conservés, et les dirigeants comme les cadres seront maintenus dans leurs fonctions. Au contraire, la croissance des affaires du groupe va nécessiter d’embaucher à moyen terme une trentaine de personnes supplémentaires dans tout le réseau en Suisse romande, notamment à Genève pour la gestion du programme de l’Étang à Vernier (ndlr: ce programme immobilier, présenté comme le plus grand de Suisse romande, est commercialisé par Gerofinance). Les deux agences de Régie du Rhône, à Genève et à Lausanne, seront aussi conservées et s’ajouteront aux 17 unités que compte déjà Gerofinance, ce qui portera leur nombre total dans le nouveau réseau consolidé à 19 (ndlr: voir aussi la carte). S’agissant de la marque «Régie du Rhône», on ne peut pas dire pour l’instant si elle sera maintenue ou non à terme. Il est vrai que «Gerofinance- Dunand/Régie de la Couronne/Régie du Rhône», cela pourrait faire trop long comme nom pour la nouvelle entité (ndlr: rires). Des spécialistes du branding ont été mandatés par nous pour réfléchir sur ce point.

Qu’apporte Régie du Rhône à Gerofinance?

Régie du Rhône apporte 400 millions de francs d’état locatif en plus des 500 millions de Gerofinance seul, ce qui permet à la nouvelle entité d’atteindre au total les 900 millions de francs d’état locatif, un montant auquel il faudra ajouter les 60 millions de francs d’état locatif que représentent les 1200 logements du projet de l’Étang. Le portefeuille clients de Régie du Rhône complète très bien celui de Gerofinance, dans le canton de Genève, mais aussi dans le canton de Vaud dans des régions où Gerofinance était encore peu présent. Régie du Rhône a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires d’environ 20 millions de francs, dont à peu près 80% à Genève et 20% dans le canton de Vaud, celui de Gerofinance étant de 39 millions de francs à l’échelle de la Suisse romande: si l’on cumule le chiffre d’affaires des deux entités associées et qu’on y additionne celui de leurs différentes filiales respectives, on obtient un total d’environ 100 millions de francs. En outre, les 155 collaborateurs de Régie du Rhône s’ajoutent aux 450 employés de Gerofinance, pour créer un nouveau groupe de 600 salariés environ au total. Dans le modèle d’affaires de Gerofinance, cette acquisition fait donc sens, parce qu’elle lui permet de consolider sa place dans le canton de Genève, mais aussi de gagner une position prépondérante dans le canton de Vaud. Dans cette reprise, la partie vaudoise en effet compte beaucoup pour nous: ce canton est économiquement dynamique et offre un potentiel d’affaires important. Dans le canton de Vaud, le nouveau groupe Gerofinance et Régie du Rhône cumule aujourd’hui 200 millions de francs d’état locatif. Ce qui fait de nous un acteur important de l’immobilier vaudois, avec une taille équivalente à celle de l’agence immobilière De Rham à Lausanne. J’ajoute que nos deux groupes partagent beaucoup de choses en commun. Régie du Rhône est une société genevoise comme l’est Gerofinance. Sa philosophie d’entreprise est assez proche de la nôtre. Son système d’organisation et de gouvernance aussi. Son logiciel de gérance est le même que le nôtre, ce qui est important pour unifier nos process de gestion et fournir des données comparables à nos clients propriétaires. Cette société est très bien gérée et novatrice. Ses collaborateurs sont de qualité. On connaît assez bien sa direction. On suit cette entreprise depuis longtemps. J’avoue que si, par le passé, Gerofinance avait été à la recherche d’une nouvelle acquisition, Régie du Rhône aurait été placée tout en haut de la liste.

Quels sont vos projets pour Régie du Rhône?

Il est trop tôt pour le dire. Les équipes de direction et les cadres des deux sociétés travaillent déjà ensemble afin d’unifier de part et d’autre les process de travail, ainsi que les conditions salariales et sociales. Une chose est sûre, avec ce regroupement, nous pourrons offrir plus en termes de services à nos clients, que ce soient ceux de Gerofinance ou ceux de Régie du Rhône.

Vous avez plusieurs fois dit que votre objectif était d’atteindre les 500 millions de francs d’état locatif global, que ce volume représentait pour vous la masse critique nécessaire pour s’adapter aux nouvelles exigences du marché. C’est chose faite désormais. Est-ce à dire que vous mettez là un terme à la croissance du groupe?
Avec Régie du Rhône, nous en sommes à notre quatrième rachat (ndlr: voir à nouveau la time-line). D’expérience, nous pouvons dire qu’il faut deux à trois ans pour «digérer» une nouvelle acquisition. Donc, il n’y a pas de nouvelle reprise prévue. Par contre, nous allons nous développer dans le canton de Neuchâtel, avec l’ouverture d’une agence prévue vers le 1er janvier 2020. Ni Gerofinance ni Régie du Rhône n’y étaient encore présents. Le marché neuchâtelois est très dynamique, mais très spécial en ce sens qu’il est, pour moi, le plus fermé de Suisse romande. C’est pour cela qu’il sera important de s’associer sur place avec un acteur local: cette ouverture pourrait se faire d’abord sous la forme d’une créationex nihilo, puis d’une joint-venture. Au niveau des projets immobiliers, nous avons 57 programmes de tous types (résidentiel et commercial, collectif ou villas) en cours de construction enSuisse romande, équivalant à plusieurs milliers de logements cumulés et qui devront être livrés d’ici trois à quatre ans. Dans le détail, cela représente environ 2000 logements dans le canton de Genève (dont plus de la moitié dans le seul projet de l’Étang), 1000 dans le canton de Vaud (à Lausanne, Morges, Pully et Yverdon), 700 dans le canton de Fribourg et 300 autres en Valais.


«Nous nous complétons l’un l’autre»

Caroline Pinatel est directrice générale de Régie du Rhône. Elle répond à nos questions à la suite du rachat de l’entreprise par Gerofinance.


Pourquoi Investis s’est-il défait de Régie du Rhône?

Investis a acquis la Régie du Rhône en 2011. En 2016, à la suite de l’introduction en Bourse d’Investis et après un travail profond d’analyse commun de nos directions pour nous rapprocher, force était de constater que nos deux entreprises étaient trop différentes pour ce faire sans perdre de la valeur ajoutée. Ce processus est donc cohérent pour l’ensemble des parties.

Se faire reprendre par un groupe genevois, comme l’est votre entreprise, vous rassure-t-il?

Cela fait sens d’avoir un actionnariat qui connaît ce marché et les besoins de nos clients locaux. Mais c’est surtout la qualité du projet, la vision relative à ce rachat et les perspectives pour notre société qui me satisfont.

Que vous apporte Gerofinance?

Nous nous ressemblons beaucoup et sommes complémentaires. Régie du Rhône n’est pas active en matière de promotion, par exemple. À l’inverse, nous avons développé un service juridique interne. Nous avons également besoin de beaucoup de compétences humaines dans notre secteur d’activité et ce sera une véritable force que d’unir nos talents respectifs. Chaque entité pourra profiter aussi de l’expérience de l’autre dans les projets où elle est plus avancée. 

L’enseigne Régie du Rhône sera-t-elle maintenue à terme?

Je l’ignore. Mais je ne suis pas aussi attachée au nom qu’aux valeurs et à notre culture d’entreprise.




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