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Le langage des annonces immobilières décrypté

29 janvier 2018

Une annonce immobilière, c’est le plus souvent une ou plusieurs photos et un petit texte qui accompagne. Les premières doivent permettre de visualiser le bien proposé à la location/vente. Le second doit fournir les éléments essentiels de présentation (type de bien, situation géographique, surface, prestations, prix).

Pour essayer de louer/vendre vite et bien, il faut capter l’attention du locataire/acquéreur et le faire rêver. Pour cela, force est de constater que les professionnels de la pierre ont l’art et la manière.

Termes ou expressions imagées, superlatifs, tout est bon pour enjoliver, positiver le bien, ses prestations et son environnement immédiat.

Voici (parfois sur un ton amusé ou ironique) un lexique décryptant une quarantaine de termes et expressions courantes qu’on rencontre dans les annonces, en Suisse romande comme en France.

«Affaire à saisir» Signe que le bien ne restera pas longtemps placé en vente. L’acquéreur devra se décider rapidement.

«À 5 minutes de l’arrêt de tram/bus/métro» La présence d’un arrêt des transports publics est toujours un argument qui fait mouche auprès des locataires/vendeurs. Mais comment sont calculées

ces 5 minutes? À pied ou en voiture? En marche rapide, lente ou «normale»? En réalité, ce ne serait pas plutôt 10-15 minutes? Si ce point est important pour vous, par exemple parce que vous êtes âgé ou handicapé, il est alors important de bien le vérifier au cours de la visite du logement

en parcourant soi-même la distance entre l’immeuble et l’arrêt en question. Appt Abréviation d’«appartement».

«Au pied de l’arrêt de tram/bus/métro» L’argument est à double tranchant. D’un côté, on peut prendre son transport en commun directement après être sorti de son immeuble (pour autant que la ligne soit celle qu’on utilise pour se rendre au travail tous les matins, par exemple). De l’autre, la présence d’un tel arrêt peut signifier l’attroupement régulier de personnes attendant leur rame, tandis que le passage de tels engins peut créer bruit et vibrations.

«À rafraîchir» A priori, cela signifie qu’il n’y a pas de gros travaux à prévoir sur la structure du  logement, mais que la décoration (peinture, papier-peint, meubles intégrés dans la cuisine, etc) doit être refaite. À vérifier.

«Aucune nuisance» Bien, mais lesquelles? D’autant que la définition d’une nuisance, partant la  capacité à la supporter, n’est pas forcément la même d’un individu à l’autre. Pour certains, être près du préau d’une école, d’une petite gare régionale, d’une ligne à haute tension ou d’une antenne relais peut ne pas être (trop) gênant. En revanche, pour d’autres, la présence de telles infrastructures est rédhibitoire. Tout est relatif.

«Appartement/maison fonctionnel (le)» Logement bien équipé, voir bien situé aussi. Mais peut-être  sans beaucoup de charme? À voir.

«Appartement/maison lumineux(se)» Apparemment, le logement est orienté au sud (orientation qui offre la meilleure luminosité) et/ou dispose de nombreuses fenêtres. Peut-être aussi n’y a-t-il pas de bâtiments trop proches qui font de l’ombre.

«Balconnet» Petit balcon. On pourra y mettre quelques pots de fleurs. Mais oubliez la chaise longue et la table basse. «Bien atypique» Il s’agit d’une expression souvent utilisée pour qualifier un logement à l’architecture et/ou à la configuration des pièces particulières.

«Charme de l’ancien» Présence de plafonds «à la française», de poutres apparentes, de parquets en bois et/ou d’une cheminée, par exemple.

«Château» Le terme est aujourd’hui galvaudé. Certains l’utilisent pour faire rêver et mieux vendre, alors que le bien qu’ils proposent s’apparente davantage à une maison de maître qu’à un château (un «vrai» château présente un aspect monumental, avec tour(s), nombreuses pièces, multiples  dépendances, grand terrain, etc).

«Coup de coeur» Un logement apparemment joli, fonctionnel et bien situé, selon du moins les goûts et les critères du vendeur, du bailleur ou de l’agent immobilier chargé de la location/vente… mais qui ne seront peut-être pas les mêmes que les vôtres.

«Combles aménageables» L’espace peut être utilisé pour y aménager un bureau, une chambre ou une salle de jeu pour enfant, par exemple.

«Cuisinette», «kitchenette» ou «coin cuisine» Petite cuisine. Parfait pour un célibataire, beaucoup moins pour une famille.

«Échappée sur le lac/montagne/monument» Signifie que, depuis son logement, on bénéficie d’une  vue partielle (et non pas «imprenable») sur un point particulièrement remarquable (lire aussi sous «vue imprenable sur…»).

«Entrée en jouissance» Non, ce n’est pas ce que vous imaginez… petits coquins! La date d’entrée en jouissance est celle à laquelle le vendeur et l’acquéreur ont convenu (lors de la promesse de vente et dans l’acte de vente définitif devant le notaire) que le second pourrait prendre possession des lieux.

«Gentilhommière» Une maison de maître, une belle demeure, mais plus petite qu’un château (lire aussi sous «château»).

«Gros potentiel» Le bien présente des combles et/ou dépendances aménageables en pièces supplémentaires. Mais peut-être aussi a-t-il peu de surfaces immédiatement habitables? À vérifier.

«Idéal investisseur» Un logement au niveau de rendement intéressant, du moins selon l’annonce. À voir.

«Idéal 1er achat» Un logement proposé à un prix relativement abordable, parfait pour un jeune couple qui débute dans la vie, par exemple. Mais peut-être présente-t-il des désavantages (petite surface, quartier bruyant, etc)? À voir.

«Immeuble bourgeois» Construction datant du XIXe siècle. Architecture intérieure et extérieure appréciables. De beaux volumes. Mais une isolation probablement à prévoir.

«Jardin privatif» Manifestement, un appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble collectif. Sympa pour faire des barbecues, bronzer et laisser ses enfants jouer, notamment. Mais avec un vis-à-vis des voisins des étages supérieurs sur le coin de verdure (bonjour l’intimité) et un risque de cambriolage accru (au revoir la sécurité).

«Jardinet» Un petit espace vert. De quoi mettre deux pots de fleurs et planter trois tomates. Mieux que rien.

«Logement rénové» Il y a rénovation et rénovation… Méfiez-vous des éventuels cache-misères   destinés à tromper visuellement le locataire/acquéreur sur l’ampleur et la qualité réelle des travaux réalisés et à dissimuler ainsi certains défauts gênants pour le vendeur/bailleur, lesquels pourraient compliquer la location/vente de son bien ou conduire à revoir à la baisse ses prétentions initiales de loyers/prix de vente.

«Maison d’architecte» Sans blague? Comme si les maisons n’étaient pas toutes faites par des  architectes! Plus sérieusement, cette expression est censée faire rêver l’acquéreur. Elle signifie que le bien est «atypique», qu’il présente une architecture et une configuration particulières… qui ne plairont peut-être pas à tout le monde. À chacun de voir et d’apprécier.

«Maison de rêve» Le bien, sa surface, sa situation, ses prestations doivent être au top. Le prix aussi…

«Pied dans l’eau» Non, la maison n’est pas en zone inondable! Cela signifie qu’elle bénéficie d’un accès direct au lac ou à la mer, voire dispose en plus d’un ponton privé.

«Prix négociable» S’il se montre d’emblée souple sur ses prétentions de vente, c’est que le vendeur ou que l’agent immobilier sait que, vraisemblablement, le bien présente des défauts (un peu ancien, défraîchi, travaux à prévoir, quartier peu prisé, etc) ou que le vendeur est pressé de s’en séparer pour des raisons personnelles (lire aussi sous «urgent»).

Prix «sur demande» ou «nous consulter» Typique des propriétés de luxe, des maisons de maître et autres châteaux. En clair, le prix est très élevé (plusieurs millions de francs ou d’euros). Le vendeur et l’agent immobilier ne souhaitent pas divulguer publiquement le prix de vente, notamment pour pouvoir mieux gérer les éventuelles fluctuations de prix sans que cela ne péjore les chances du bien de trouver un nouveau preneur.

«Quartier en devenir» Secteur en plein développement, en pleine expansion, comme la zone Praille-Acacias-Vernets au sud de Genève ou la Blécherette au nord de Lausanne.

«Quartier résidentiel» Secteur composé de villas. A priori, calme, avec des jardins bien entretenus. RDC Non, ce n’est pas l’acronyme de «République démocratique du Congo», mais de «rez-de-chaussée».

Lien doc


Par Fabrice Breithaupt







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