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Vers la fin des régies «à grand-papa» ?

26 janvier 2016

Les grands groupes immobiliers rachètent à tour de bras des petites et moyennes entités romandes. Deux acteurs importants, Gérofinance-Dunand et Foncia, expliquent pourquoi ces deals vont se poursuivre en 2016.

Les annonces se sont succédées en fin d’année dernière et elles devraient perdurer en 2016. Les régies romandes sont rachetées par des grands groupes. Les petites et moyennes structures ne bénéficiant plus toujours d’une organisation adéquate, sont particulièrement concernées. Nous avons questionné deux acteurs importants à ce sujet, particulièrement actifs sur le marché des achats. Il s’agit de François Davy, CEO de Foncia International, et de Jérôme Félicité-Ivanès, président du groupe Gérofinance-Dunand - Régie de la Couronne. Ce dernier se montre très explicite: «A mon sens, il existe deux phénomènes dans les régies romandes: la multitude d’entités et les successions. Sur un marché qui est de plus en plus concurrentiel, il existe encore des maisons qui n’ont pas investi ces 40 dernières années dans des outils adaptés, dédiés aux services, à l’informatique ou au marketing, par exemple.»

Etre multidisciplinaire

Le marché semble donc avoir changé et les évolutions vont continuer, ainsi que le confirme le président de Gérofinance:


«Nous sommes devenus des gestionnaires de patrimoine immobilier. Aujourd’hui, il faut être multidisciplinaire. Concernant ma vision dans dix ans, je pense que les régies existeront de moins en moins. Ces dernières décennies, les entités sont passées de 40 à 100 personnes, puis à 250 collaborateurs. Je pense qu’il restera à l’avenir des régies de 150 à 250 employés et en parallèle des toutes petites entités, de 4 ou 5 personnes. Celles qui vont souffrir sont celles de 40 employés que j’appelle les régies ‘‘à grand-papa’’.»


Pour sa part, François Davy, dont le groupe a repris le courtage de Domicim, explique la stratégie de son groupe dans ces mouvements de consolidation romands:


«Nous n’allons évidemment pas acheter à tout va. Notre ambition est de devenir un acteur important du marché immobilier en Suisse. Nos regards se tournent donc à présent vers la Suisse alémanique. Je dirais que nous avons une place prépondérante sur le marché romand. Il est vrai qu’avec près de 50 collaborateurs dans le courtage, nous disposons d’une force incontestable sur le marché.

Foncia a pour objectif de devenir leader dans l’activité de courtage, car elle est un excellent vecteur de développement et de notoriété.»

Le CEO de Foncia confirme aussi l’importance de la taille critique: «La nouvelle société constituée compte plus de 600 millions d’états locatifs. En Suisse, contrairement à la France, les taux sont faibles, ainsi, pour gagner de l’argent il est important que la taille des états locatifs dans la gérance soit conséquente. C’est un point important en effet.»

Jérôme Félicité-Ivanès conclut en confirmant sa volonté de croissance:

«Nous avons 380 millions d’états locatifs, mais nous n’avons pas atteint notre taille critique. Nous visons les 500 millions d’états locatifs en fonction des opportunités qui se présenteront. Nous allons chercher des maisons humainement compatibles avec nous.»

Selon les estimations, il y a environ une cinquantaine de régies à Genève. Dans les cantons de Vaud, Fribourg ou du Valais, les chiffres sont encore plus probants, puisque même des fiduciaires font parfois de l’immobilier. Cette branche va donc continuer à se consolider. Des mouvements considérés d’ailleurs comme très proches de ceux vécus actuellement par les banques privées ou les gestionnaires de fortune.


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Par Edouard Bolleter - PME MAGAZINE




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